lundi 22 août 2011

Parures et autres accessoires






Mes parures sont des plus extravagantes.  Elles me valent les regards les plus méprisants, les compliments hypocrites de mes proches.

Abhorrer les airs de bien-être regorgeant de saineté est l’un de mes nombreux crimes. Esprits simples et sains, corps herculéens entretenus et calculés tels des travaux accomplis que pour en collecter les revenus, quel dégoût mêlé de rancœur. La rancœur de l’incompréhension. Quel dépit j'éprouve quand j'observe ces ces dits chef-d’œuvres sans profondeur et ces idées dépourvues de sensibilités. il est bien normal que le bonheur des idiots efface les trésors essentiels à tout art. Mais qu’y puis-je. La vulgarité doit bien me côtoyer pour en faire ressortir mes parures, l’inégalité en est d’ailleurs l’une de mes plus précieuses.

Ma faiblesse est bien le plus estimable de mes diamants, je redessine ses traits à chaque jour, quand une autre faute de goût ou de jugement m’éloigne un peu plus du monde.  Plus ma répulsion croît, plus j’entretiens mes joyaux et bien qu’une part de moi souhaite les réprimer, cacher ces riches différences, je ne peux que savourer de les voir grandir.

Oh, mais de toutes les parures de la souffrance, je regrette bien d’avoir apprivoisé la solitude. 


"Je dis mes principes, et je les dis à dessein; car ils ne sont pas, comme ceux des autres femmes, reçus sans examen et suivis par habitudes, ils sont le fruit de mes profondes réflexions, je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage"
Laclos, les liaisons dangereuses





Aucun commentaire: