vendredi 1 juin 2012

Souvenirs d'insomnies diurnes







Je dois sans doute être invincible puisqu’à l’heure qu’il est, toutes mes plaies guérissent et je n’ai même pas frôlé la mort. Ce soulagement physique a souvent été d’un certain réconfort, un espoir, tout aussi ridicule qu’une telle chose puisse être. Mon corps semble avoir un don pour la cicatrisation rapide, peut-être pourrais-je développer le même talent à d’autres niveaux.

La douleur physique est définitivement surestimée. Un corps des moins robustes sachant se charger de tout, l’inconfort est plus superficiel que je ne pourrais l’être. Sans doute est-ce une façon étrange de se sentir vivre, dû à un processus de guérison engendrant toutes sortes de sensations, mais elle semble bien naturelle à un organisme habituellement engourdi. L’espérance chimérique réside dans la convalescence ; peut-être cette situation saura éclairer mon esprit comme elle a éclairé mon corps dans l’attente que le rebalancement des douleurs mène à leur équilibre.

L’harmonie au sein de mes afflictions a beaucoup plus de valeur que mon actuelle invincibilité. Elle représente la solution au labyrinthe de mes idées décousues ; si j’en trouve la sortie, je pourrai ne pas la prendre de mon plein gré, me perdre sera alors une chose beaucoup plus audacieuse et cynique qu’elle ne l’est actuellement.

« Le bon sens, opposé à ces notions, déclarai-je à mon ami non sans quelque chaleur, n’est qu’une méprisable et pitoyable absence d’imagination »
Howard Philip Lovecraft, the Outsider







2 commentaires:

Magali Tn a dit…

Souffrir pour mieux guérir, alors?

Le dressing de Francis a dit…

J'adore les photos et le texte est vraiment prenant..