dimanche 5 août 2012







Les plis des pantalons mal repassés se cassant disgracieusement sur les chaussures des hommes, les ongles vernis s’écaillant, les lèvres sèches, la peau abîmée par le soleil. Une chemise tachée de sang et les doigts de nicotine. Des mains qui auraient pu être délicates si elles avaient eu la chance d’être oisives. Des détails trop difficiles à entretenir pour un individu négligé et indiscipliné, je suppose. Grâce à de charmantes images calculées ainsi qu’à de précieux artifices, il m’arrive, heureusement, d’oublier que le corps est un piètre organisme en pleine évolution, influencé par des évènements engendrant des déséquilibres esthétiques tous aussi dégoutants les uns que les autres. Je tuerais volontiers tout de mon corps pour n’en laisser au monde que la jolie carcasse aseptisée.

Le fait d’être coincée sur cet astre en compagnie de milliards de versions désordonnées, dissipées et débraillées de moi-même me rappelle la fausseté de ma situation embellie par des parures éphémères et instables. Ces circonstances provoquent un grand nombre d’émotions, mais je ne sais en accepter qu’une seule. Je suis une machine à haine.

« And if the dam breaks open many years too soon,
And if there is no room upon the hill,
And if your head explodes with dark forebodings too,
I'll see you on the dark side of the moon. »
Pink Floyd, Brain Damage