mercredi 26 mars 2014

the Ultimate Shutdown






Je ne sais pas exactement quand c’est arrivé, mais il me semble que j’ai terminé de perdre, quelque part cette année, toute la foi en les contes de fées qu’il me restait. Il y a encore quelques mois, je me plaisais à croire que mon monstre de cynisme cachait une idéaliste déçue, mais récemment, alors que j’essayais de retrouver cette rêveuse afin de lui demander conseil, j’ai réalisé qu’elle n’était plus là.

Je sens bien qu’il me reste quelques fragments de chaos. Ils se font de plus en plus petits chaque jour et la douleur qu’ils m’occasionnent est de plus en plus aiguë. Je suis une connaisseuse de l’équilibre des maux et je crois que cela signifie qu’ils sont sur le point de s’éteindre et qu’avant leur mort, ils font résonner les derniers débris d’espoir qu’il leur reste.

Quand je reviendrai de ma dernière chance et que ma dernière déception m’aura transpercée l’âme, je pourrai laisser tous ces enfantillages ainsi que ces histoires de cœur égoïste et désillusionné derrière moi. J’espère que j’aurai le courage de me retourner pour saluer une dernière fois cette forme de jeunesse naïve, alors que j’effectuerai ma transition tardive dans le véritable monde. J’aspirerai à une vision limpide des gens et des choses, sans ce chaos d’émotions la brouillant violemment chaque fois que j’ouvre les yeux. Qui sait, peut-être n’aurai-je plus besoin de cet endroit.

« Quelle gaminerie! Il n’y a pas de situation où l’on ne puisse se tenir avec dignité. La douleur doit nous relever au lieu de nous avilir. »

Dostoïevski, le joueur